
Ecrit par:
peru.travel
Monday, May 17, 2021
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Au Pérou, l’organisation territoriale est divisée en 24 régions, en plus de la province constitutionnelle de Callao. Parmi celles-ci, 11 (Tumbes, Piura, Lambayeque, La Libertad, Ancash, Callao, Lima, Ica, Arequipa, Moquegua et Tacna) ont la chance de voir se profiler à l’horizon la magnifique mer de Grau, nom donné à l’espace maritime du Pérou dans les eaux de l’océan Pacifique.
Mais qu’ont en commun ces localités, outre le fait qu’elles partagent la mer de tous les Péruviens ? Que, du nord au sud, des plages chaudes de Tumbes à la mer froide de Tacna, l’espièglerie, l’ingéniosité et la créativité de ses habitants leur font créer des mots, des jargons, des phrases et des expressions très marqués qui sont maintenant employés sur l’ensemble du territoire péruvien.
Dans cet article, vous en apprendrez un peu plus sur le lexique des populations côtières du Pérou. Savez-vous ce que signifie « Batería » (batterie) ? Non, ce n’est pas un dispositif qui fournit de l’énergie. A quoi se réfère l’expression « pelar las muelas » (éplucher les molaires) ? Et non, cela n’a rien à voir avec les dentistes ou les dents. Savez-vous qui est Johnny Pacheco ? Vous n’aurez pas besoin d’être un expert en salsa pour le découvrir.
Voici les péruvianismes côtiers les plus utilisés dans les régions du nord, du centre et du sud.
« Pe » : cette conjonction est en fait la contraction de « pues » (alors). « Vente a mi casa, pe » (Viens donc chez moi), en serait un exemple. Autrefois, elle était exclusivement utilisée dans le nord du Pérou, mais aujourd’hui elle l’est dans tout le pays. Même à l’étranger, ils savent que c’est l’une des expressions idiomatiques préférées des Péruviens.
Mais le « pe » n’est pas la seule expression qui ouvre ou ferme les dictons péruviens. Par exemple, dans des communes comme La Libertad, Piura et Lambayeque, ils utilisent le mot « di » à la fin des phrases. À Piura et Tumbes, on utilise même le terme « gua » : « Gua, paisano, se ha enfermado mi mula » (Oh, mon vieux, ma mule est tombée malade).
« Oe » : est la contraction de « oye » (eh !) et est utilisé pour attirer l’attention de quelqu’un, mais à un niveau familier. « Oe, trabaja pe » (Eh, travaille donc), peut être une combinaison très courante.
« Yara » : Expression d’origine incertaine signifiant « attention », « avertissement ». On l’utilise de cette façon : « Oe, yara con soltar ese jarrón, es de cristal delicado ». (Eh ! Fais attention à ne pas faire tomber ce vase, il est en verre délicat). Bien qu’elle soit ancienne, les enfants l’utilisent encore lors de certaines occasions pressantes : « Oe, yara, ahí viene mi mamá. » (Eh ! Attention, ma mère arrive).
« Causa » : Au Pérou, ce mot n’est pas seulement utilisé pour désigner le plat traditionnel à base de pommes de terre. Populairement, « causa » signifie « ami ». « Habla pe, causa » (Eh, salut mec) est une façon très courante de saluer, surtout entre personnes qui se connaissent. Et il a des synonymes : « mano », « chochera », « choche » et « batería ». Les trois premiers possèdent également leurs diminutifs affectueux respectifs : « manito », « chocherita », « causita ».
« Churre » : à Piura et Tumbes, s’entend comme « enfant ». « Ese churre es bien inteligente » (Cet enfant est très intelligent), dit-on dans ces contrées.
« Modéeeerate » : c’est la façon du Nord de dire « tiens-toi bien ou calme-toi », comme cela, en prolongeant le « e » : « Oye, churre, estás diciendo sandeces, modéeeerate » (Eh, gamin, tu dis des bêtises, tiens-toi bien).
« Pelar las muelas » : cette vieille expression est utilisée pour désigner le fait de rire. « Oe, causa, ya deja de pelar las muelas, pe » (Eh, mec, arrête de rire), serait un exemple de son utilisation.
« Bacán » : est un adjectif utilisé pour tout ce qui est agréable ou positif. « El mural quedó bien bacán » (La fresque est super). Il a son équivalent dans le mot « Chévere » qui connaît quelques variantes comme « Cheverengue » ou « Chevrolet ». « ¿Cómo te sientes, batería? » (Comment ça va, mec ?) « Chevrolet ».
« ¿Manyas? » : est une expression utilisée pour demander à une autre personne si elle comprend ce dont on parle. « Tienes que ajustar bien los pernos así, ¿manyas? »(Tu dois bien serrer les boulons. Tu comprends ?) Dans son mode affirmatif, il prend le même sens. « La verdad no manyo a ninguna de las personas de esta fiesta » (La vérité n’a pas étonné les personnes présentes à la fête).
« Clarinete » : c’est un instrument à air, certes. Mais sur la côte centrale du Pérou, l’expression est également utilisée comme une variante du terme « Claro » (Bien sûr). « ¿Tienes dinero suficiente? » (Tu as assez d’argent) ? « Clarinete », ou « clarines », seraient les réponses.
« Latear » : désigne populairement l’action de marcher. « Vamos a latear por ahí » (On va faire un tour) est une expression très utilisée par les jeunes.
« Jatear » : est l’action de dormir. « Es muy tarde, ya me voy a jatear » (Il est très tard, je vais pioncer), on l’utilise pour faire savoir que l’on va se reposer. Il existe des variantes comme « Me quedé « jato » (Je me suis endormi) ou « Está « jatazo » (Il pionce). « Jato » signifie également maison ou foyer : « Se quedó a dormir en mi jato » (Il est resté dormir chez moi).
Johnny Pacheco: pour les amateurs de salsa, ce musicien d’origine dominicaine est un compositeur pionnier du genre. Bien qu’au Pérou, son nom soit également utilisé comme une variante du pronom « moi ». Exemple : « ¿Quién se encargará de atender a los invitados? »(Qui se chargera de s’occuper des invités ?) « Johnny Pacheco » (c’est-à-dire, moi).
« Por las puras » : cette expression de découragement équivaut à dire « en vain ». Exemple : « Subimos la colina por las puras, no divisamos ni una sola alpaca » (Nous avons grimpé la colline en vain, nous n’avons vu aucun alpaga). Autrefois, on disait aussi « por las wiflas », avec un sens analogue.
« Estar chuma » : cette locution est liée aux habitants de la côte d’Arequipa et est utilisée lorsqu’une boisson est trop sucrée. « Este jugo está chuma » (Ce jus est trop sucré), en serait un exemple.
« Coro » : non, il ne s’agit pas d’une chorale. Dans le sud, on utilise le mot « coro » pour désigner un enfant espiègle. « Este coro siempre está corriendo » (Ce galopin est toujours en train de courir partout), pourrait être un bon exemple.
« Charchasúa » /« Charchasuga » : à Arequipa, c’est le terme populaire pour désigner une « libellule ».
« Palta » : ne se réfère pas au fruit, également connu sous le nom d’avocat dans le monde entier. C’est un terme qui, selon le contexte, signifie la honte ou la peur. « Qué palta tener que cantar frente a todos » (J’ai le trac de devoir chanter devant tout le monde), est utilisé pour dénoter la timidité. « No te paltees por el temblor » (Ne t’inquiète pas du tremblement), signifie n’aie pas peur.
« Pasar piola » : cette expression signifie sur la côte péruvienne « passer inaperçu » ou « sortir indemne d’un moment difficile ou d’un problème ». « La maestra me buscó por todo el colegio, pero yo me metí al baño y logré pasar piola » (La maîtresse m’a cherché dans toute l’école, mais je suis allé dans les toilettes et j’ai réussi à passer inaperçu), ou « Felizmente mi familia y yo pasamos piola esta pandemia » (Heureusement, ma famille et moi avons passé cette pandémie sans encombre).
« Nos vemos en el ferroca » (On se retrouve au ferroca) : cette phrase est utilisée exclusivement par les gens de Tacna. Elle se réfère au fait de se réunir sur la place, car il y a une ancienne voie de chemin de fer (« ferroca ») très proche de la troisième brigade de cavalerie de Tacna.
Source : Lima 2019
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